Dans le N° 67 de la revue mensuelle Correspondances géopoétiques, la lettre extime à propos des carnets, deux poèmes : Lune de Nathalie Buchot et I'am, je suis toi, un poème pour Gaza de Refaat Alareer et l'extrait de la chanson "Survoler la lune" de Macha Gharibian chez les Pointiplumes.
On croit qu’il suffit de pleurer pour que dure moins la douleur. On croit tant de choses. Les pleurs n’effacent pas les douleurs. Les pleurs les assèchent mais la source ne tarit point tant que les guerres, la bêtise humaine existent sur notre planète Terre.
Face à la loi Duplomb autorisant à nouveau, les pesticides toxiques, une pétition en ligne enregistre plus d’un million de signatures de citoyennes et de citoyens français principalement. Si cela n’est pas déjà fait, vous pouvez la signer sur le site de l’assemblée nationale : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3014. Cette loi autorise la mort programmée des abeilles, des travailleurs agricoles, la raréfaction de l’eau par la création de mégabassines et ce, pour obtenir une rentabilité économique supérieure des géants de l’agro-industrie. Ne nous trompons pas, il s’agit surtout de renforcer le PIB de la France sur le dos de la santé des agriculteurs. La France était la seule en Europe à ne pas autoriser les nicotinoïdes sur les cultures. Aujourd’hui, elle régresse. C’est une nouvelle aberration législative.
Par ailleurs, pour des raisons idéologiques et géopolitiques liées aux libertés et à l’accès des ressources naturelles telles que le pétrole, le gaz.., des pays s’entretuent et tuent des civils criant famine. Nous ne rêvons pas. Nous ne regardons pas une nouvelle série apocalyptique ou dystopique. Nous sommes dans la triste réalité d’un monde humain habitant Gaza, Jérusalem, Kiev, New-York, Moscou, Paris ou dans les paysages betteraviers des Hauts-de-France, et tant d’autres endroits de ce monde qui s’attristent chaque jour, qui s’indignent. Triste et amère colère. Cela peut vous paraitre indécent d’associer dans cette lettre, les immondes guerres à une loi française permettant les l’utilisation des pesticides. Je le pense aussi.
Une nuit de fin juin, j’ai sondé la lune. Elle m’a fait part d’une conversation avec son ami Soleil. De ce sondage lunaire, est né Lune, un nouveau poème. Elle ne peut que pleurer. Il nous reste nos pleurs. Pourront-ils se transformer en espoir, en source de vie ?
A Gaza, aucune porte, aucun espoir de sortie. Des pleurs d’horreur, des pleurs. Parmi des civils frappés par des mains qui ne connaissent pas la pitié et la famine, le poète Refaat Alareer et sa famille ont été tués en décembre 2024. Ce professeur de littérature anglaise à l’université islamique, l’un des initiateurs du projet “Nous ne sommes pas des chiffres” pour des jeunes écrivain.e.s afin que le monde entende leurs cris par leurs récits, était un gardien des mots. Son poème I’m You traduit en français montre toutes les horreurs dont l’humanité se révèle en être la seule capable.
En ces tristes temps, en cette année 2025, je vous souhaite de nombreux points étoiles, des fermes, un joyeux printemps, des voisins aux belles manières d’être vivant et de belles rencontres poétiques, de belles danses et une belle écoute radiophonique avec l’Echo poétique, l’émission qui vous donne de l’émotion ; à vos carnets de liberté et de pleurs.
Nathalie Buchot
LUNE
Au-dessus de la nuit étoilée
Lune pleure
Elle pleure ce que vit Terre
Elle pleure de colère
Les êtres vivants
se moquent et méprisent
sa chère et tendre Terre
Alors, Lune pleure
tout son plein
par demi
par quart
Qu’importe
elle pleure
Elle ne cesse de pleurer
Elle sourit jaune et pleure blanc
Pourtant
elle illumine
les êtres dormants et vivants
sur Terre
Elle voudrait s’éteindre
Donner un signal de mort
Lune pleure
Tout est leurre
sur Terre
Suite sur mon site…