Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous partager un cartel géopoétique sur les déchets et l’économie circulaire des textiles de seconde main dans le désert d’Atacama au Chili où je suis allée début juin. Comme la police scientifique, la poésie scientifique observe et enquête sur les scènes du crime. Mais de quel crime peut-il bien s’agir ?
A vous, à vos métamorphoses,
Je remercie chaleureusement Mathieu Durand, géographe, Camille Dormoy, sociologue et Clarisse Sivry, étudiante en Master Déchets et économie circulaire à Le Mans Université pour l’excellent séjour et mission scientifique et pédagogique réalisée du 8 au 18 juin, au Chili dans le désert d’Atacama. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous partager un cartel géopoétique sur les déchets et l’économie circulaire des textiles de seconde main dans le désert d’Atacama.
Ce cartel est une composition sérielle et topologique de 8 photos-poèmes en vers libres. Ancré dans un lieu, une date et une heure (heure de la photographie) issue d’une observation et d’une écriture de terrain, ces photos-poèmes sont disposés dans le cycle de vie du futur déchet. Puisque les poèmes intègrent des mots scientifiques, je vous propose de nommer cette écriture, poésie scientifique. Comme la police scientifique, la poésie scientifique observe et enquête sur les scènes du crime. Mais de quel crime peut-il bien s’agir ? On le nomme Écocide.
Je dois vous mettre en garde. La mort vous attend mais vous ne verrez pas de sang. Je me suis permise deux inventions lexicales poétiques science- fictionnelles. La première est celle du mot Rudoléum conçu à partir du dérivatif “rudo-, rudus”, “encombrant”, terme qui a donné rudologie, inventée par Jean Gouhier, comme étude systémique des déchets. L’invention de Rudoléum suppose que les matières détritiques deviennent ressources fossilifères futuribles. La construction étymologique de Pétroléum issu de pierre “pétro-” et huile “Oléum” garde la même rythmique sonore.
La deuxième, Homo Rudus, un cousin de la lignée anthropocène, né de mon imagination après la lecture de Homo Détritus de Baptiste Monsaingeon, philosophe et sociologue des déchets. Si Détritus est consommateur, citoyen, savant mais destructeur, Rudus pense à la manière du penseur de Rodin. Face aux portes de l’enfer de la divine comédie, le poéte Dante entre dans une pensée féconde, créatrice et restauratrice. Rudus est aussi un rôle scientifique que l’on peut prendre dans les ateliers rudophilo que j’anime. Vous trouverez enfin le terme de rudochimie employé par ma collègue Jeanne Perez sur son travail sur les déchets plastiques.
Certains poèmes comportent des mots en espagnol. J’ai donc intitulé ce cartel “Alrededor de la tierra”, “Tout autour de la terre” en écho aux consonnes françaises et espagnoles dont les sonorités scandent et font tourner le monde de l’économie circulaire tout autour de la terre. Ce cartel est suivi d’un poème du grand poète chilien Pablo Neruda, “Tes pieds je les touche dans l’ombre”, adressé à son épouse Matilde Urrutia, qui a réhabilité leur maison, La Chascona que j’ai visité à Santiago. Vous pourrez consulter Terréze des Pointiplumes pour en savoir plus. Enfin, vous trouverez les textes de Sabine Chagnaud qui nous présente l’art créateur de Noël Fillaudeau à partir de matières abandonnées sur la plage et nous parle de la voix qui métamorphose une réalité.
Je ne vais pas vous laisser sans remercier celles et ceux, fort nombreux, venus au vernissage de mon exposition “Aquatinte et poésie – Poème tombé dans la rivière”, le 4 juin, à 18 h à la Septante-deux. Le lendemain, j’ai eu la sensation d’avoir fait ma communion ! Comme l’exposition se prolonge jusqu’au 31 juillet, je vous raconterai tout cela, en juillet.
Avec tous mes remerciements pour vos soutiens, vos espoirs, vos libertés, vos songes, vos départs, vos compagnies, je vous souhaite un été plein de belles et joyeuses métamorphoses.
Alrededor de la Tierra
Nathalie Buchot, Photo poéme 1/8. 2026
Le numéro complet est à télécharger sur mon site. Merci à vous pour vos petits messages. Cela fait toujours plaisir. https://nathaliebuchot.fr