Revue Correspondances géopoétiques
Depuis mon arrivée dans ma nouvelle maison, j’ai commencé la lecture de l’essai philosophique et poétique de Baptiste Morizot, Manières d’être vivant, enquête sur la vie à travers nous. Cela faisait au moins deux ans qu’il était dans ma bibliothèque sans que je ne lise vraiment. “Quitter la ville, alors, ce n'est pas bucoliquement s'éloigner des bruits et des nuisances, ce n'est pas aller vivre à la campagne, c'est aller vivre en minorité”. Cela me plait beaucoup de savoir que je vis désormais en minorité humaine, cela me change de catégorie de minorité. On peut donc être en minorité sans être en opposition.
“Qui habite ici ?” J’hésite à y ajouter l’adverbe “vraiment”, ce qui donnerait un caractère philosophique supplémentaire au caractère géographique premier à mon premier relevé des êtres vivants voisinants. J’ai déjà habité ici, dans cette maison nichée à l’orée de la forêt, avec vue sur la plaine désormais implantée d’éoliennes. A l’époque, j’aimais tout particulièrement, nos conversations de voisinage humain. De fait, nous parlions souvent de nos voisins, les autres êtres vivants. Nous parlions surtout du crapaud qui s’amusait à chanter au pied de nos portes, tard dans la nuit. Je me demande s’il n’est pas mort depuis ces douze dernières années. En attendant de le savoir, je vous livre les toutes premières notes de mon relevé :
“Qui habite ici (vraiment) ?”
pour le savoir, suite sur mon site…